Echos de... Nouvelles jardinières


Lecture musicale par Hélène Lanscotte et Aude Halary

 

Samedi 15 septembre à 15 h. En toile de fond les sculptures murales et végétales de Gwenaëlle Hugot. Elles s’installent, sobres, concentrées. Hélène Lanscotte, chic et pimpante, Aude Halary,  toute de retenue. S’élèvent alors la voix, les notes. 

Pour cultiver son jardin, Hélène Lanscotte ne cède pas aux fleurs ornementales. Non, elle ne sélectionne que du vivace ! Ici point de jardin compassé mais des jardins piquants. Pour y faire entrer son auditoire, elle instaure un climat étrange et musical, à mille lieux des romantiques envolées florales. Terre fertile, la voix d’Hélène Lanscotte se fait tantôt fragile, tantôt puissante ou d’une hauteur grinçante pour dessiner des textes sensibles et sarcastiques. Au sommet de ce florilège, L’homme pressé de Paul Morand et Tulipe d’Eric Chevillard. À travers ces deux moments de pure truculence, Hélène Lanscotte trouve des accents d’une gouaille irrésistible, humoristique à souhait, épousant à la perfection les sortilèges de la langue des auteurs et provoquant les rires spontanés de l’assistance. 

 

La tulipe, quand elle n’a plus qu’un pétale, fait une fort belle cuillère à soupe extrêmement peu commode, en revanche, car la tige devenue souple, trop souple. Et puis, si les cinq premiers pétales ont chu, ce n’est pas par hasard, il y a donc lieu de craindre que le dernier ne puisse longtemps encore s’accrocher ainsi, à plus forte raison si on l’emplit de potage onctueux, ou même d’un léger bouillon – Eric Chevillard

 

Par ses interventions musicales séquençant les textes ou les propulsant vers des horizons sériels, Aude Halary contribue pleinement à cette peinture paysagère plus vitriolée qu’aquarellée. Les cordes de sa harpe électrique font résonner John Cage, Eric Satie, Philip Glass ou György Ligeti. Intonations, vibrations, dissonances, Aude Halary et Hélène Lanscotte transportent le spectateur dans une atmosphère irréelle et fantastique, comme une plongée dans un monde végétal surréaliste. 

Une traversée des jardins loin des sentiers battus qui assurément fait florès. Il n’y a plus qu’à tendre la main et cueillir ces belles pages !

 

Aude Halary et Hélène Lanscotte, interprètes de Nouvelles Jardinières qui dépotent !