Patrimoine


Des confiscations révolutionnaires aux acquisitions récentes, en passant par les dons de particuliers, la longue genèse des collections patrimoniales roannaises a abouti à un ensemble remarquable de quelques 50 000 livres, 11 000 photographies et cartes postales, 700 partitions,… Une très grande diversité de sources et une richesse culturelle de tous les instants  
 

L’évocation d’un territoire

 

L’un des intérêts de ces fonds réside dans la préservation qu’ils assurent de la mémoire du Roannais, du Haut-Forez ainsi que d’une partie du Beaujolais et du Brionnais. Avec une attention portée aux auteurs locaux tout d’abord, Honoré d’Urfé, Jean Papon, Louis Berchoux ou bien encore Louis Mercier. Mais aussi à travers 7 000 monographies et brochures, deux siècles de presse locale, les archives du duché du Roannais en dépôt des Archives départementales, des fonds privés (Vichy et Déchelette),  des eaux-fortes du docteur Frédéric Noëlas ou des lithographies d’Émile Noirot… tels les reflets d’un territoire en perpétuelle mutation.
 

Des parcours hors du commun

 

S’immerger dans les fonds roannais, c’est aussi rencontrer des figures qui ont marqué de leur empreinte la vie locale et, de fait, les collections. Pierre Coton, confesseur d’Henri IV et de Louis XIII, fondateur du collège des Jésuites, est le 1er de cette lignée. Dès lors, les collections sont marquées par un dialogue constant entre démarches institutionnelles et initiatives privées. La forte industrialisation de Roanne au XIXème siècle est propice à l’action d’exégètes érudits, enrichis par l’industrie textile florissante (Faisant, Brossard, Verrière).  
Outre ces dons effectués par des notables, les collections roannaises recèlent quelques pépites marquant l’action de pionniers. 1 500 épreuves photographiques et un panorama vraisemblablement réalisé avant 1855 témoignent des recherches menées jusqu’en 1870 par Stéphane Geoffray. Un daguerréotype rappelle que Maria Chambefort est la 1ère photographe installée à Roanne vers 1850.

Des horizons lointains

 

Il serait toutefois faux de réduire ces fonds à leur seule dimension locale. Tandis que le Grand Tour fait de l’Italie un passage obligé, le xixème siècle s’ouvre à l’Orient. L’une et l’autre de ces destinations trouvent un écho important dans les collections. En 1898, Auguste Boullier lègue 7 700 volumes : commissions ducales de Venise, imprimés (notamment Dolce et l’Arétin) et estampes du XVIème au XIXème siècle constituent l’un des fonds vénitiens les plus notoires de France. Claude Dethève, médecin de la Légation française de la fin du XIXème siècle, collectionne quant à lui les albums de photographies et de cartes postales d’Asie et d’Afrique. 

Il faudrait encore évoquer les fonds de bibliophilie, les reliures contemporaines et bien d’autres trésors. Tous traduisent la propension constante d’une Ville à rester en phase avec son temps. Et dessinent le paysage d’une collection patrimoniale plus proche de la polychromie que de l’image sépia. 

En raison du caractère précieux de ces documents, la consultation de certains de ces ouvrages est réservée.